Biographie

Née en Beauce, Carolline Auclair vit et travaille à Montréal. Détentrice d’un Baccalauréat en enseignement des arts plastiques de l’Université Laval et membre du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV), son travail a été présenté dans des expositions individuelles et collectives au Québec : au Moulin La Lorraine à Lac-Etchemin, à Montréal à la Maison de la culture Mercier, en Ontario au Toronto Art Expo, Métro Toronto Convention Centre, en Espagne au Musée municipal de Ourense de Galice. Ses œuvres font partie des collections Loto-Québec, Royal Mat et Héritage Chaudière Etchemin Acquisition. Parallèlement à sa carrière d’artiste, elle enseigne les arts visuels à la Commission scolaire de Montréal.

 

Démarche artistique

De la nature s’écoule chacune des inspirations de Carolline Auclair, dont l’oeuvre, de la peinture à la performance, est enrichie d’une continuelle exploration des supports. Pivot central de son oeuvre, la nature éveille la fibre créatrice de cette artiste enrichissant ses oeuvres de ses rencontres et de ses découvertes. La « botanique énergétique » qui définit l’oeuvre de l’artiste Marie-Jeanne Musiol est l’une de ces rencontres qui sera déterminante dans sa production s’incarnant à la fois dans ses herbiers poétiques et ses boitiers lumineux 1.

Ses herbiers ne sont pas sans rappeler la période tardive de Riopelle où différents objets jouent au pochoir alors que la peinture déposée sur le support, au pinceau ou à l’aérographe, permet de laisser la trace de ce qui fut. Ces oeuvres deviennent d’une certaine manière un travail préparatoire à ses boites lumineuses. Ces dernières, peintes à l’acrylique sur plexiglas et illuminées par des lumières à diodes électroluminescentes (DEL), sont le résultat de la touche de l’artiste qui mélange, superpose et projette les couleurs ainsi que de la lumière qui traverse la matière. Oscillant entre le bleu et le rouge, l’oeuvre ainsi crée devient à chaque ton une nouvelle image rappelant l’importance que cette artiste accorde à la précieuse faculté de l’émerveillement.

Carolline Auclair poursuit ses réflexions sur l’énergie dégagée par la nature en y ajoutant une symbolique qui lui ait personnelle, parfois empruntée de l’héritage amérindien, où se côtoient des éléments de la nature, quelques personnages ainsi que des formes porteuses de sens pour celle qui les représentent; un caractère spirituel émane de chacune de ses oeuvres. Certains symboles récurrents se glissent discrètement dans ses oeuvres, comme c’est le cas de celui du Pacte Roerich révélant son profond désir de protéger la nature de la même manière que ce pacte qui visait alors à protéger la culture en temps de guerre 2. Les images ainsi créées vacillent entre l’abstraction et la figuration alors que certaines de ces figures sont floues ou se dissipent dans la matière, comme s’il ne restait que l’aura de ce qu’elles sont.

Poursuivant sa recherche dans l’empreinte énergétique des plantes, la photographie Kirlian censée révéler, selon certains, l’aura de chaque chose, devient une incarnation de la pensée de l’artiste qui tend à représenter le lien de chacun des éléments qui constitue l’univers. Cette aura est entre autres représentée par l’artiste par des halos lumineux qui apparaissent dans certaines de ses oeuvres et par la lumière dégagée par ses boitiers.

Dans un même souffle, alors que la nature influe sur elle, Carolline Auclair y laisse son empreinte par des performances où ses installations in situ en deviennent les vestiges, et dont les photographies qu’elle réalise en deviennent les seuls souvenirs; la nature devient le seul témoin de ses gestes.

Son oeuvre se veut ainsi la trace de ce qu’elle perçoit et ressent du monde qui l’entoure ainsi qu’une quête perpétuelle de ce qu’elle incarne dans celui-ci.

1 Marie-Jeanne Musiol, «Biographie», Marie-Jeanne Musiol, [En ligne], <http://www.musiol.ca/bio-fr.php>, (page consultée le 18 septembre 2015).

2 Comité international de la Croix-Rouge, mise à jour en 2015, «Traité concernant la protection des institutions artistiques et scientifiques et des monuments historiques, (Pacte Roerich). Washington, 15 avril 1935.», Traités et états parties à ces traités, [En ligne], <https://www.icrc.org>, (pages consultées le 18 septembre 2015).

 Marilie Labonté, historienne de l’art et muséologue